Impesenteur rassemble les variations d’un même visage, comme autant de micro-dérives d’un corps détaché du monde. Les yeux clos, la modèle flotte dans un fond noir qui la soustrait à toute attache, comme si la gravité du réel avait été coupée. Chaque infime déplacement de la tête ouvre une facette nouvelle : assurance, abandon, résistance, douceur inquiète. Le visage ne change presque pas, et pourtant tout bouge : l’ombre, la bouche, la ligne du cou, la tension des muscles. La série explore cet espace suspendu entre veille et sommeil, entre pose et retrait, où l’on ne joue plus un rôle mais où l’on se laisse traverser. En répétant le même cadre, elle fait apparaître la pluralité intérieure d’une seule personne, la constellation d’émotions qui habite un visage. Impesenteur est moins un portrait qu’une orbite : un mouvement circulaire autour d’une présence, observée dans son flottement le plus intime.